Aujourd’hui, toute la presse à potin du Québec ne parle que de Béatrice Martin, cette jeune et talentueuse artiste de la relève. C’est que des photos nues de Coeur de Pirate circulent sur Internet. L’artiste y pose nue, mais les photos datent du temps où elle était mineure… ce qui est illégal au Canada comme dans beaucoup d’autres pays.
Loin de moi la tentation d’ajouter ma voix au chœur des potins, là n’est pas mon propos. L’histoire est somme toute anecdotique et même un peu banale considérant le nombre de jeunes qui s’échangent des photos d’eux-même nus, des vidéos et autres fichiers multimédia à caractère parfois franchement pornographique. C’est là que le bât blesse car ce phénomène est loin d’être marginal, que ce genre de photos et de vidéos pullulent sur internet et qu’elles sont illégales. Auto-portraits ou pas, il s’agit d’un acte illégal et les jeunes ne sont pas à l’abri de poursuites judiciaires. Ainsi cet hiver, nous apprenions que des adolescents américains étaient poursuivis en justice pour s’être échangé des « sextos » – des photos à caractère sexuel. Il n’est pas question de les avoir publiées (sur internet par exemple) et les « victimes » étaient consentantes. La loi ne fait pas de différence à cet égard et les victimes, mineures, ne peuvent consentir au sens de la loi. Pour référence, consultez l’article de Silvia Galipeau, Sextos illégaux, paru sur cyberpresse.ca, ou encore ce texte de Jean-Simon DesRochers Auto-pornographie juvénile, paru dans la blogosphère et qui a d’abord attiré mon attention sur cette nouvelle réalité propre aux enfants « branchés » qui ont grandi avec internet et le téléphone cellulaire et que les compagnies ciblent directement avec tous leurs « texto » gratuits.
La Blogosphère: ça s’est un monde en soi. Avant, les sites à caractère porno appartenaient à des compagnies, productrices d’images et de films pornographiques. Depuis que la blogosphère a pris son envol toutefois, les sites personnels sont devenus de véritables vecteurs de propagation du matériel pornographique. Pas tous, mais plusieurs. Les auteurs y reprennent les photos glanées sur le web, produites par des particuliers amateurs ou encore par l’industrie et ils les diffusent à des milliers d’exemplaires, sur autant de sites à vocation pornographique. Il y a les sites personnels gratuits, qui présentent des « collections » photos de filles et de garçons de tous âges, pour le plaisir artistique ou érotique qu’ils éprouvent à les regarder et qu’ils veulent partager avec les autres amateurs du genre et il y a aussi ces sites, encore plus nombreux, qui nous présentent ces mêmes albums et autres porte-folios mais qui y glissent des liens commerciaux et qui multiplient les bannières « pay-per-click » vers ces mêmes sites commerciaux, qualifiés de commanditaires (sponsers).
Bien entendu, parmi tous ces sites, on trouve de véritables temples (shrines) élevés à la beauté des jeunes filles et des jeunes garçons. Malgré la prétention que les acteurs ont tous plus de 18 ans, de toute évidence nombre d’entre aux sont encore mineurs (un adulte moyen peut se tromper en évaluant un âge, mais pas toujours – nous sommes d’ailleurs très bons pour estimer l’âge d’une personne) . La blogosphère est encore en expansion, la pornographie est bien installée sur internet et elle n’est pas près d’être délogée étant donnés les revenus faramineux qu’elle génère.
Sur cette réflexion, je vous laisse. Je reviendrai sur la question.
Comme toujours j’attends vos commentaires.
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Sur les sextos, voir aussi: Prohibition 2.0 : qu’est-ce qu’un contenu préjudiciable ?