Violence indirecte, une stratégie aux conséquences tragiques

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La violence constitue « un mode d’expression privilégié dans l’univers des gangs » (Goldstein, 1991; Sanders, 1994). Perrault (2005) va dans le même sens. Il y a une relation proportionnelle entre le niveau de violence d’un membre d’une gang et sa capacité de gravir les échelons jusqu’au noyau dur de l’organisation ou jusqu’à la limite de la sphère de sympathisants ou d’associés. Les jeunes filles n’échappent pas à cette réalité, soit comme victimes de cette violence ou comme active dans des formes d’agression.

Aux USA, plusieurs filles sont membres à part entière de gangs de rue ou font partie de gangs autonomes. Dorais, dans son livre  »Jeunes filles sous influence » prétend que  les filles sont employées surtout dans des délits qui nécessitent la dissimulation tandis que les garçons se servent davantage de l’intimidation, de la force et de la violence physique. Dans un texte qui vient de paraître dans la revue « UdeS » qui remplace la revue « Sommets », Sophie Payeur écrit : « Les petites violences quotidiennes sont ce que le milieu scolaire appelle des actes de gravité mineure : l’humiliation, le mépris, les insultes, le chantage, le dénigrement, l’ostracisme, le rejet et plus récemment la cyber agression. Ces actes sont peut-être moins spectaculaires que ceux qui portent atteinte à l’intégrité physique, mais ils sont tout aussi préoccupants car ils ruinent progressivement la santé mentale. Dans certains cas, ça pousse les victimes à abandonner l’école parfois même à se suicider. »

Des études démontrent que, de manière générale, les filles et les garçons adoptent des conduites violentes dans des proportions semblables. Les garçons sont plus portés vers des agressions physiques. Les filles sont plus impliquées dans ce qu’on appelle des agressions indirectes. « L’agresseur indirecte reste dans l’ombre, isole sa proie sans l’affronter. Le plus souvent, il agit en dehors des salles de classes, dans les corridors, la cour de récréation, les toilettes, les autobus scolaires ». L’agresseur indirecte utilise des stratégies pour détruire psychologiquement sa proie : « il mine ses relations, raconte des ragots, ridiculise la personne dans son dos ou l’ignore volontairement. »

Ces « violences passées sous silence » sont souvent l’apanage des jeunes filles associées aux gangs de rue et indirectement, elles détruisent des vies mais surtout brisent psychologiquement ceux ou celles qui en sont victimes.

Jacques Moïse
Février 2007