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Programme du colloque

Le programme officiel du colloque est disponible !

Programme officiel du colloque

En cette époque où la prostitution et la sollicitation se font discrets, ayant déménagé sur Internet pour y profiter de l’anonymat permis par les nouvelles technologies, le PIAMP est fier de vous annoncer la tenue d’un Colloque sur la prostitution juvénile des filles et des garçons à l’ère des nouvelles technologies.

L’événement permettra à des intervenants et des chercheurs de partout au Québec de mettre en commun leurs pratiques afin de rejoindre une catégorie de jeunes qui utilisent très peu les ressources disponibles et qui sont maintenant difficiles à rejoindre par le biais du travail de rue traditionnel.

 

Le colloque se tiendra le 12 novembre 2011, au Collège de Maisonneuve, à Montréal.

Pour plus d’information, consulter le lien suivant:
Colloque sur la prostitution juvénile des filles et des garçons au Québec.

Si vous êtes intéressé-e à participer au colloque, remplissez notre formulaire d’inscription.

 

ProstituéeDans un jugement prononcé mardi, l’Honorable juge Himmel, de la Cour Supérieure de l’Ontario vient d’invalider certaines dispositions de loi régissant la prostitution au Canada.

Ce jugement fait suite à la demande de madame Terri-Jean Bedford et de deux autres travailleuses du sexe, Valerie Scott et Amy Lebovitch, qui avaient demandé à la Cour de revoir les dispositions du Code criminel relatives à la prostitution. Cette décision, qui fait des vagues à travers le pays, prend appui sur la Charte canadienne des droits et libertés qui promet à chaque citoyen canadien santé et sécurité. Les dispositions invalidées sont:  l’interdiction de tenir une maison close, de solliciter des clients à des fins de prostitution ou de vivre des fruits de la prostitution. Les articles § 210, § 212 et § 213 du code criminel doivent en partie être amendées. Ceux qui le désirent peuvent ici lire le jugement (texte en anglais, format pdf).

Les différents protagonistes réagissent au jugement de part et d’autre. Les tenants de la décriminalisation se réjouissent, conscients que la bataille ne fait que commencer. Les mouvements abolitionnistes font un tollé, affirmant que ce n’est pas ça qui va permettre d’accroître la sécurité des femmes. Déjà, l’encre coule abondamment et on tente de mesurer l’impact de ce jugement. Certains craignent un effet domino semblable à ce qui est arrivé avec le mariage gay: une série de jugements pourrait faire tomber les lois sur la prostitution partout à la grandeur du pays.

Et pour les mineurs, qu’est-ce que ça change ?  En principe, rien. En pratique, c’est moins sûr… si c’est légal pour les adultes, davantage d’ados pourraient être tentés. Au fait, avez-vous lu Foglia ?

 

Découvert sur L’Actualité.com, un photo-reportage sur la prostitution des garçons et des jeunes hommes à Tripoli.

Ruelle animée de la Vieille ville

Sur fond de pauvreté et de disparité sociale, la prostitution des mineurs s’exerce au grand jour. Le conservatisme social ambiant relègue les jeunes dans la marginalité tout en niant la réalité de la prostitutiton des mineurs. Officiellement, la prostitution n’existe pas. Tant que cela reste discret, pourtant, les policiers tolèrent. Exposés aux aux railleries et aux menaces, les jeunes se regroupent pour assurer leur sécurité.

Là-bas comme ici, les revenus sont hors de proportion avec ceux du citoyen ordinaire. D’autant plus que le chomâge touche près de 40% de la population adulte dans certains quartier, et probablement davantage chez les jeunes. Dans ces conditions, comment résister aux offres des clients qui sont prêts à payer 1 500$ la nuit en échange de leurs charmes ? Difficile de quitter aussi, puisqu’ailleurs les perspectives sont bouchées.  Et puis il y a  la drogue, qui là aussi fait ses ravages chez des jeunes qui commencent tout juste leur vie.

Autre lieux, autres mœurs… dans certains quartiers nombre d’adolescents explorent leur sexualité avec les copains; le conservatisme religieux ne leur permettant pas de côtoyer les filles. Autres mœurs vraiment ? en tout cas, mêmes activités, même manège, même usage des technologies modernes: les rencontres se font sur internet, comme partout sur la planète maintenant.

Les jeunes prostitués de Tripoli, L’Actualité.com (2010).

 
Le commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010
Le commerce de la pédopornographie sur internet de 2000 à 2010

Le commerce de la pédopornographie sur internet de 2000 à 2010

Le filtrage et le « contrôle » du web est un débat qui fait rage partout sur la planète. La Chine a instauré un vaste système de contrôle de l’internet, système auquel les compagnies étrangères désireuses d’investir le marché chinois sont obligées de s’associer. Récemment, Google est revenu sur ses pas, abandonnant tout filtrage du contenu offert par son serveur chinois. Le gouvernement chinois a réagi en fermant le site google.ch. La secrétaire d’État américaine, Hilary Clinton, s’est ensuite portée à la défense d’internet et de son esprit libertaire, soulignant que les États-Unis étaient le berceau d’internet.

Les principaux arguments invoqués sont le filtrage de la pédophilie et la protection des droits d’auteur. En Australie, le système mis en place depuis quelques années a donné lieu à des ratés. La liste secrète du gouvernement a connu des fuites et fut mise à la disposition des internautes par le site wikileaks, ce qui permit de constater que cette liste ne contenait pas que des sites pédophiles, un site de dentiste y était même listé. En réponse à cette fuite, le site de wikileaks fut ajouté à la liste noire…

En Europe, le débat fait rage. La France va se prononcer la semaine prochaine sur l’adoption de la LOPPSI, la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Cette loi — à ne pas confondre avec la LOPSI promulguée en 2002 — comporte plusieurs volet, dont l’un qui concerne la sécurité informatique et internet:

  • l’usurpation d’identité ou l’atteinte à la réputation de quelqu’un seront punis
  • une obligation de filtrage des adresses IP désignées par arrêté du ministre de l’intérieur
  • une liste noire des sites, non rendue publique, sera établie par l’administration, les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) seront quant à eux tenus de bloquer l’accès à ces sites
  • la police, sur autorisation du juge des libertés, pourrait utiliser tout moyen (physiquement ou à distance) pour s’introduire dans des ordinateurs et en extraire des données dans diverses affaires, allant de crimes graves (pédophilie, meurtre, etc.) au trafic d’armes, de stupéfiants, au blanchiment d’argent, mais aussi au délit « d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers d’un étranger en France commis en bande organisée », sans le consentement des propriétaires des ordinateurs.

L’Allemagne, pour sa part, a récemment décidé d’abandonner toute velléité de contrôle du trafic internet, concluant à l’inutilité d’un tel contrôle.

C’est dans ce contexte que la parution récente d’une enquête publiée par Fabrice Epelboin, éditeur du site ReadWriteWeb, vient semer l’émoi et servir de mise en garde au législateur plutôt enclin à mousser sa cote de popularité qu’à véritablement mener la lutte aux cybercriminels. L’étude, intitulée Le commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010, disponible ici en format pdf, met à jour et décortique les mécanismes de mise en marché sophistiqués développés par les professionnels de cette industrie, lesquels auraient plusieurs années d’avance sur le législateur et sur les moyens techniques mis à disposition des forces policières. Une histoire qui donne froid dans le dos tout en jetant un éclairage sur le développement futur d’Internet, parallèlement à la montée du contrôle auxquels tant l’industrie que les consommateurs seront confrontés. Des lois telles que l’Hadopi et la LOPPSI en France sont donc totalement inutiles mais aussi contre-productives. En tentant de contrôler le trafic internet pour protéger les intérêts de l’ industrie de la musique et du cinéma, elle encouragera tout le monde à adopter des techniques de cryptage sophistiquées , techniques elle-même développées par une industrie de la pornographie afin de contourner les mécanismes de contrôle actuels et anticipés. Les producteurs, distributeurs et consommateurs de pornographie infantile y trouveront leur compte, se noyant dans la masse des flux de données cryptés.

Confession d’un pédophile: l’impossible filtrage du net
Confessions d'un pédophile, l'impossible filtrage du web

Confessions d'un pédophile, l'impossible filtrage du web

Le précédent ouvrage fait partie d’un ensemble de textes publiés cette semaine aux éditions In Libro Veritas, sous le titre Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web. Publié par un collectif d’auteurs et basé sur le témoignage d’un pédophile, ce livre met en lumière ce que les experts disent : le filtrage du web favorisera la pédopornographie. Ce document peut être téléchargé ici, en format pdf.

Sources

Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web, Collectif d’auteurs, In Libro Veritas (2010).

Les pédophiles (eux aussi) sont pour la Loppsi, Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb (2010).

Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, Wikipedia.

Loppsi : et si le filtrage du web encourageait la pédocriminalité ? Guillaume Champeau, Numérama (2010).

 

Selon un rapport présenté le 16 septembre dernier au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les sites internet présentant des photos à caractère pédopornographique ont plus que quadruplé depuis 2003 !!! Selon l’UNICEF, il y aurait aujourd’hui plus de quatre millions de sites internet présentant des photos de jeunes mineurs, y compris des enfants de moins de deux ans !

Vous avez bien lu. On ne s’étonne plus de rien, même des travers les plus sordides de l’humanité.  Et qu’en est-il de de la cupidité humaine ? … car tout ça c’est une question de gros sous: entre 3 et 20 milliards de dollars annuellement, selon le rapport de l’ONU. Ainsi, plus de 200 nouvelles images seraient quotidiennement mises en circulation. Le plus révoltant, c’est que les scènes sont de plus en plus violentes et explicites: esclavagisme sexuel, viols brutaux, sexe oral et anal, et j’en passe — plus de 80 p. 100 des images impliquant la pénétration.

Le rapport de l’ONU évalue entre 10.000 et 100.000 le nombre de mineurs victimes des réseaux de pornographie (83 % d’entrent eux auraient 12 ans ou moins) et à plus de 700 000 le nombre de pédophiles connectés en permanence sur internet. Aux Etats-Unis, une étude du centre national des enfants disparus et exploités, a démontré que 83% des visiteurs de sites pédophiles possèdent des images d’enfant âgés de 6 à 12 ans, 39% d’entre eux collectionnent des photographies de mineurs âgés de 3 à 5 ans et 19% des « cyberpédophiles », possèdent des images mettant en scènes des jeunes enfants de moins de 3 ans.

Les « chats » (sites de clavardage et messagerie instantanée) sont particulièrement attrayants pour les pédophiles désirant passer à l’action et entrer en contact avec un enfant avec qui ils discutent dans l’anonymat, de préférence à l’insu des parents.

Afin de mettre un terme à cette situation et mieux protéger les victimes, Mme Najat M’jid Maala, rapporteur spéciale de l’ONU, recommande à chaque État d’adopter la définition de l’enfant comme étant un «être humain en dessous de 18 ans». Elle  appelle également à plus de collaboration entre les pays qui sont invités à partager les informations qu’ils collectent pour intercepter plus rapidement les délinquants sexuels. Il en est aussi de la responsabilité de chaque internaute de dénoncer les sites en questions.

Au Canada, l’ombudsman fédéral recommande des changements pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants facilitée par Internet. Dans son rapport intitulé Chaque image, chaque enfant et publié le 2 juin dernier, l’ombudsman formule neuf recommandations au gouvernement fédéral sur la façon d’aborder la question difficile de l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet.

  • déposer un projet de loi pour obliger les fournisseurs de services Internet à transmettre le nom et l’adresse des clients à la police;
  • obliger les fournisseurs de services Internet à conserver les données et l’historique de navigation sur Internet des clients pendant des périodes plus longues afin que les éléments de preuve ne soient pas détruits;
  • faire en sorte que le refus de divulguer un mot de passe ou un code de cryptage à la police pendant une enquête soit considéré comme un crime.

« Pour lutter contre ce problème, il faut d’abord donner aux autorités policières les outils dont elles ont besoin pour enquêter rapidement et efficacement sur les cas, a déclaré Steve Sullivan, l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels. Il est certes important d’arrêter les contrevenants. Toutefois, il est essentiel de comprendre que chaque cas nous donne aussi la possibilité d’aider un enfant souffrant d’une exploitation odieuse, qu’il s’agisse d’une agression directe ou de l’humiliation et la honte de savoir que ses images circulent dans Internet. »

  • Chaque image, chaque enfant encourage également le gouvernement fédéral à appuyer l’accroissement des efforts déployés pour trouver et aider les jeunes victimes figurant dans les images.

Le rapport comprend notamment les recommandations suivantes :

  • augmenter la capacité du Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants de la Gendarmerie royale du Canada d’identifier et de secourir les jeunes victimes figurant dans les images;
  • financer la recherche sur les répercussions de l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet sur les jeunes victimes;
  • aider plus efficacement les jeunes victimes au moyen de centres d’appui multidisciplinaires qui sont adaptés à leurs besoins.

« Ces enfants éprouvent une souffrance additionnelle, a expliqué M. Sullivan. Non seulement ils sont agressés, mais en plus, ils ont peur et se sentent humiliés parce qu’ils savent que la preuve de cette agression est distribuée partout dans le monde et pourrait refaire surface à n’importe quel moment. Voilà pourquoi il est si important de soutenir les victimes. Les centres d’appui aux enfants représentent une solution à cet égard. Ils offrent un service incomparable aux jeunes victimes. De plus, la recherche révèle que ces centres sont avantageux sur le plan monétaire et permettent d’augmenter le nombre d’accusations et de plaidoyers de culpabilité et d’obtenir un taux de condamnation plus élevé. »

  • Enfin, Chaque image, chaque enfant incite le gouvernement fédéral à adopter des mesures plus vigoureuses pour mettre un terme à la détresse et à la revictimisation dont les enfants souffrent lorsque les images sont distribuées. Ainsi, le rapport propose que le gouvernement impose des règlements plus sévères sur la façon de communiquer les éléments de preuve à l’avocat de la défense et qu’il oblige les fournisseurs de services Internet à bloquer l’accès aux sites contenant des images d’enfants exploités sexuellement.

Au Canada, le Manitoba a déja modifié sa Loi sur les services à l’enfant et à la famille pour y inclure un Règlement sur l’obligation de signaler les cas de pornographie juvénile. Au Québec la Loi sur la protection de la jeunesse oblige déjà tout citoyen à signaler tout cas d’enfant dont la sécurité  et le développement sont compromis, ce qui inclut bien sûr la pornographie enfantine.

Pour terminer, je vous propose la lecture d’un article trouvé sur le site lematin.ch qui titre: Quel risque de récidive pour les amateurs d’images pédophiles? Les conclusions de cette étude sont à l’effet que les hommes arrêtés pour avoir téléchargé des images mettant en scène du sexe avec des enfants rechutent peu et que les consommateurs de cette pornographie enfantine ne passent pas forcément eux-mêmes à l’acte. Le service de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (SCOCI) ne conteste pas ces conclusions mais tient à les nuancer, la situation ayant passablement évolué au cours des dernières années (l’étude se base sur des données datant de 2002). Je reviendra sur cet article prochainement.

Références

L’ombudsman fédéral recommande des changements pour lutter contre l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet, Bureau de l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, juin 2009. Voir aussi le communiqué de presse paru sur marketwire.

Rapport présenté par Mme Najat Maalla M’jid, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants
Conseil des Droits de l’Homme, Neuvième session, août 2008.

Rapport présenté par Mme Najat M’jid Maalla, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants; Additif  MISSION EN ESTONIE, Conseil des Droits de l’Homme, Douzième session, juillet 2009.

Quel risque de récidive pour les amateurs d’images pédophiles, lematin.ch, 8 août 2009.

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