Scène du film Avenue Zéro

Scène du film Avenue Zéro

Avenue Zéro, documentaire de Hélène Choquette, Canada (2009). À l’affiche du Cinéma ONF jusqu’au 31 janvier.

RÉSUMÉ

Un portrait troublant du phénomène de la traite de personnes au Canada, la troisième forme de trafic internationalement reconnue après ceux des armes et de la drogue. Dans ce documentaire, victimes et témoins de premier plan nous conduisent aux confins de ce sinistre commerce.

Crtitique: Sur cyberpresse.ca – Avenue zéro: au coin de la rue, l’esclavage.

 
Roman Polansky - Wanted and Desired

Affiche du film Wanted and Desired

Le sujet étant d’actualité, j’en profite pour vous signaler l’existence du film Wanted and Desired, documentaire de Maria Zenovich qui se penche sur le scandale et la tragédie personnelle qui mena à la fuite soudaine du légendaire cinéaste Roman Polanski.

Résumé: En 1977, Roman Polanski était arrêté à Los Angeles et accusé d’avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans qu’il photographiait pour le magazine Vogue. Onze mois plus tard, ayant plaidé coupable sur l’un des chefs d’accusation, il fuit vers l’Europe avant le prononcé de sa sentence. Ce film passe en revue cette période de un an, utilisant des images d’archives produite par la frénésie médiatique, des images de la vie de Roman Polanski avant la poursuite, des extraits de ses films et des entrevues contemporaines avec plusieurs des acteurs principaux de l’époque  – avocats, victime, et associés et amis de Polanski. Polanski demeure énigmatique mais le film dresse le portrait des machinations judiciaires et d’un juge davantage intéressé par son image que par la recherche de la justice.

Le blog de Jean-Baptiste Thoret expose la thèse d’une Amérique de droite revancharde qui voulait en finir avec les icônes de la contre-culture.

LE BLOG DE JEAN-BAPTISTE THORELE BLOG DE JEAN-BAPTISTE THORET

 
Sortie en salles du film Hommes à louer

Hommes a louerMerci à Hugo de m’avoir signalé la sortie du film tant attendu de Rodrigue Jean. Pour ceux qui ne connaissent pas la saga relative au montage final du film qui a nécessité 2 ans de bataille avec ses producteurs, l’ONF et Informaction, consultez les articles d’Anabelle Nicoud cités ci-dessous.

Dans ce documentaire, Rodrigue Jean nous entraîne dans le monde de la prostitution masculine, au coeur du village gai de Montréal, où il a posé sa caméra. Douze jeunes prostitués s’y confient, dans un cadre volontairement sobre, sans sensationnalisme ni voyeurisme. L’article de Christian St-Pierre cité ci-dessous jette un éclairage sur la genèse du film.

Hommes à louer est à l’affiche au Cinéma Parallèle (Ex-Centris) à Montréal et au Cinéma Cartier à Québec.

Roman Polanski

Aujourd’hui il n’y en a que pour lui dans les journaux. Accusé de pédophilie, libéré sur parole, il s’enfuit des États-Unis. L’histoire le rattrape aujourd’hui en Suisse.

Je ne m’intéresse pas trop aux faits divers, mais ici, c’est la réaction de la France et de la Pologne (défendant et réclamant sa libération) qui s’oppose à celle de la Suisse (pour qui personne n’est au-dessus des lois, fusse-t-elle une personnalité mondiale) qui est intéressante.

Je vous laisse lire ça vous-même dans les actualités.

A+, Michel

Références

Hommes à louer: Établir un dialogue, Christian St-Pierre, voir.ca, 24 septembre 2009.

Hommes à louer, un film qui sème la pagaille, Anabelle Nicoud, moncinema.cyberpresse.ca, 22 février 2008.

Hommes à louer: Rodrigue Jean, dans les villes, Anabelle Nicoud, moncinema.cyberpresse.ca, 19 septembre 2009.

ONF – Hommes à louer, canoe.ca, 2 septembre 2009.

_______________________________________

Voir aussi Festival de bêtises autour de l’affaire Polanski sur les débordements entendus de toutes part. La définition de la pédophilie qui y est faite (sexe avec enfant prépubère) est exacte — d’un point de vue biologique, même si ça ne change rien à l’affaire. Je reviendrai éventuellement sur la question.

http://carnet.causeur.fr/antidote/festival-de-betises-autour-de-laffaire-polanski,00409Festival de la bêtise autour de l’affaire Polanski
 

Selon un rapport présenté le 16 septembre dernier au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les sites internet présentant des photos à caractère pédopornographique ont plus que quadruplé depuis 2003 !!! Selon l’UNICEF, il y aurait aujourd’hui plus de quatre millions de sites internet présentant des photos de jeunes mineurs, y compris des enfants de moins de deux ans !

Vous avez bien lu. On ne s’étonne plus de rien, même des travers les plus sordides de l’humanité.  Et qu’en est-il de de la cupidité humaine ? … car tout ça c’est une question de gros sous: entre 3 et 20 milliards de dollars annuellement, selon le rapport de l’ONU. Ainsi, plus de 200 nouvelles images seraient quotidiennement mises en circulation. Le plus révoltant, c’est que les scènes sont de plus en plus violentes et explicites: esclavagisme sexuel, viols brutaux, sexe oral et anal, et j’en passe — plus de 80 p. 100 des images impliquant la pénétration.

Le rapport de l’ONU évalue entre 10.000 et 100.000 le nombre de mineurs victimes des réseaux de pornographie (83 % d’entrent eux auraient 12 ans ou moins) et à plus de 700 000 le nombre de pédophiles connectés en permanence sur internet. Aux Etats-Unis, une étude du centre national des enfants disparus et exploités, a démontré que 83% des visiteurs de sites pédophiles possèdent des images d’enfant âgés de 6 à 12 ans, 39% d’entre eux collectionnent des photographies de mineurs âgés de 3 à 5 ans et 19% des « cyberpédophiles », possèdent des images mettant en scènes des jeunes enfants de moins de 3 ans.

Les « chats » (sites de clavardage et messagerie instantanée) sont particulièrement attrayants pour les pédophiles désirant passer à l’action et entrer en contact avec un enfant avec qui ils discutent dans l’anonymat, de préférence à l’insu des parents.

Afin de mettre un terme à cette situation et mieux protéger les victimes, Mme Najat M’jid Maala, rapporteur spéciale de l’ONU, recommande à chaque État d’adopter la définition de l’enfant comme étant un «être humain en dessous de 18 ans». Elle  appelle également à plus de collaboration entre les pays qui sont invités à partager les informations qu’ils collectent pour intercepter plus rapidement les délinquants sexuels. Il en est aussi de la responsabilité de chaque internaute de dénoncer les sites en questions.

Au Canada, l’ombudsman fédéral recommande des changements pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants facilitée par Internet. Dans son rapport intitulé Chaque image, chaque enfant et publié le 2 juin dernier, l’ombudsman formule neuf recommandations au gouvernement fédéral sur la façon d’aborder la question difficile de l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet.

  • déposer un projet de loi pour obliger les fournisseurs de services Internet à transmettre le nom et l’adresse des clients à la police;
  • obliger les fournisseurs de services Internet à conserver les données et l’historique de navigation sur Internet des clients pendant des périodes plus longues afin que les éléments de preuve ne soient pas détruits;
  • faire en sorte que le refus de divulguer un mot de passe ou un code de cryptage à la police pendant une enquête soit considéré comme un crime.

« Pour lutter contre ce problème, il faut d’abord donner aux autorités policières les outils dont elles ont besoin pour enquêter rapidement et efficacement sur les cas, a déclaré Steve Sullivan, l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels. Il est certes important d’arrêter les contrevenants. Toutefois, il est essentiel de comprendre que chaque cas nous donne aussi la possibilité d’aider un enfant souffrant d’une exploitation odieuse, qu’il s’agisse d’une agression directe ou de l’humiliation et la honte de savoir que ses images circulent dans Internet. »

  • Chaque image, chaque enfant encourage également le gouvernement fédéral à appuyer l’accroissement des efforts déployés pour trouver et aider les jeunes victimes figurant dans les images.

Le rapport comprend notamment les recommandations suivantes :

  • augmenter la capacité du Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants de la Gendarmerie royale du Canada d’identifier et de secourir les jeunes victimes figurant dans les images;
  • financer la recherche sur les répercussions de l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet sur les jeunes victimes;
  • aider plus efficacement les jeunes victimes au moyen de centres d’appui multidisciplinaires qui sont adaptés à leurs besoins.

« Ces enfants éprouvent une souffrance additionnelle, a expliqué M. Sullivan. Non seulement ils sont agressés, mais en plus, ils ont peur et se sentent humiliés parce qu’ils savent que la preuve de cette agression est distribuée partout dans le monde et pourrait refaire surface à n’importe quel moment. Voilà pourquoi il est si important de soutenir les victimes. Les centres d’appui aux enfants représentent une solution à cet égard. Ils offrent un service incomparable aux jeunes victimes. De plus, la recherche révèle que ces centres sont avantageux sur le plan monétaire et permettent d’augmenter le nombre d’accusations et de plaidoyers de culpabilité et d’obtenir un taux de condamnation plus élevé. »

  • Enfin, Chaque image, chaque enfant incite le gouvernement fédéral à adopter des mesures plus vigoureuses pour mettre un terme à la détresse et à la revictimisation dont les enfants souffrent lorsque les images sont distribuées. Ainsi, le rapport propose que le gouvernement impose des règlements plus sévères sur la façon de communiquer les éléments de preuve à l’avocat de la défense et qu’il oblige les fournisseurs de services Internet à bloquer l’accès aux sites contenant des images d’enfants exploités sexuellement.

Au Canada, le Manitoba a déja modifié sa Loi sur les services à l’enfant et à la famille pour y inclure un Règlement sur l’obligation de signaler les cas de pornographie juvénile. Au Québec la Loi sur la protection de la jeunesse oblige déjà tout citoyen à signaler tout cas d’enfant dont la sécurité  et le développement sont compromis, ce qui inclut bien sûr la pornographie enfantine.

Pour terminer, je vous propose la lecture d’un article trouvé sur le site lematin.ch qui titre: Quel risque de récidive pour les amateurs d’images pédophiles? Les conclusions de cette étude sont à l’effet que les hommes arrêtés pour avoir téléchargé des images mettant en scène du sexe avec des enfants rechutent peu et que les consommateurs de cette pornographie enfantine ne passent pas forcément eux-mêmes à l’acte. Le service de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (SCOCI) ne conteste pas ces conclusions mais tient à les nuancer, la situation ayant passablement évolué au cours des dernières années (l’étude se base sur des données datant de 2002). Je reviendra sur cet article prochainement.

Références

L’ombudsman fédéral recommande des changements pour lutter contre l’exploitation sexuelle d’enfants facilitée par Internet, Bureau de l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, juin 2009. Voir aussi le communiqué de presse paru sur marketwire.

Rapport présenté par Mme Najat Maalla M’jid, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants
Conseil des Droits de l’Homme, Neuvième session, août 2008.

Rapport présenté par Mme Najat M’jid Maalla, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants; Additif  MISSION EN ESTONIE, Conseil des Droits de l’Homme, Douzième session, juillet 2009.

Quel risque de récidive pour les amateurs d’images pédophiles, lematin.ch, 8 août 2009.

 

Nombreux sont ceux qui lient la prostitution aux gangs de rue. De tous temps, les milieux criminalisés se sont intéressés à la prostitution comme source de revenu, bien souvent en y combinant la vente de stupéfiants, comme les deux côtés d’une même pièce. Il n’est donc pas étonnant que les nouveaux visages de la criminalité à Montréal et dans les grandes villes canadiennes s’y intéressent aujourd’hui. Parmi ces acteurs, les gangs de rue, fortement influencés par la culture hip hop et les valeurs véhiculées par la musique — «gangsta rap» — américaine, commenceraient même à privilégier le trafic des jeunes filles au commerce de la drogue, devenu trop dangereux en raison de la répression policière. Moins risqué, tout aussi payant, et beaucoup plus facile: les jeunes filles sont même consentantes ! …  au début, du moins.

Ce constat, établi par les forces policières à Montréal, est partagé par les membres des gangs qui y voient eux aussi une nouvelle tendance. Les rabatteurs débutent leur « carrière » à un âge précoce. Les écoles secondaires, les clubs fréquentés par les ados, les partys privés (organisés par des adultes… fréquentés par des ados), les chats et autres sites de rencontres internet, les maisons de jeunes sont des endroits de recrutement privilégiés. Le terrain de chasse est vaste et le métier de proxénète s’apprend tôt. En fait, les rabatteurs sont souvent des adolescents eux-mêmes enrôlés par un gang — une manière de recruter de futurs membres et d’approcher de jeunes recrues.

Devant ce constat inquiétant, comment réagir ? Plusieurs modèles d’intervention sont mis de l’avant un peu partout dans le monde. Au Québec, le gouvernement a préparé un « Plan d’intervention québécois sur les gangs de rue 2007-2010 », lequel comporte 4 volets: (1)  la répression, (2)  la prévention et l’intervention, (3) la recherche et l’analyse et enfin (4) la formation et la communication.

Responsable de l’application du premier volet, le service de police de la ville de Montréal (SPVM) a adopté une approche intégrée elle-même en 4 axes d’intervention reprenant de près les 4 volets du plan gouvernemental.

En tant qu’organisme communautaire, le Piamp est plutôt concerné par la prévention, par l’intervention directe auprès des jeunes concernés — ici les jeunes filles et les jeunes pimps (proxénètes juvéniles) — par la communication avec les milieux concernés et par la recherche en matière d’intervention.

Si la littérature en matière d’intervention auprès des gangs de rue commence à prendre de l’étoffe (davantage en anglais qu’en français il me semble), les modèles d’intervention spécifiques aux jeunes engagés dans des activités de proxénétisme se font plus rares. J’ai regroupé ci-dessous quelques livres de référence sur l’intervention auprès des délinquants sexuels, bien que non pertinents à 100%.

Les références paraissant ci-dessous se trouvent aussi dans la section documentaire du site: Documents et références. Toute nouvelle source documentaire apparaîtra dans cette section.

Je vous invite à me faire part de vos propres sources documentaires, si vous en avez — que ce soit sur le proxénétisme juvénile ou sur la prostitution juvénile en général d’ailleurs.

Avant de vous quitter, je m’en voudrais de ne pas mentionner le livre de Michel Dorais: Jeunes filles sous influence – Prostitution juvénile et gangs de rue (parue en anglais sous le titre Gangs and Girls: Understanding Juvenile Prostitution) et sur lequel je reviendrai plus tard.

Références

Intervention auprès des délinquants sexuels

© 2010 PIAMP - Projet d'Intervention auprès des mineurs-res prostitués-ées Thème adapté par Michel Pinard Suffusion theme by Sayontan Sinha