Programme
Le programme est disponible en format pdf
Cette rencontre, tenue en 1990 à Halifax, a donné lieu à un document intitulé Y a-t-il quelqu’un que cela dérange ? — Travaux de la consultation de suivi sur la prostitution juvénile (adolescents), Halifax, Nouvelle-Écosse, 1990. On y trouve des recommandations d’ordre politique et législatif ainsi qu’au plan des programmes et services.
Plus de 20 ans après cette rencontre nationale, le contexte dans lequel s’exerce la prostitution juvénile a changé de façon significative. La prostitution des adolescents est pratiquement disparue de la rue et autres lieux publics, ce qui complique singulièrement le travail des intervenants. Le virtuel, les échanges en ligne et l’Internet en général sont devenus le refuge ultime de ces jeunes. De plus, la banalisation, par les jeunes eux-mêmes, des échanges sexuels contre de l’argent ou autres produits matériels , la commercialisation du corps de l’adolescent et les autres facteurs qui sont à la base de l’hypersexualisation des adolescents-es et doivent être pris en compte dans toute intervention avec les jeunes qui sont impliqués dans une activité de prostitution.
C’est dans ce contexte que le projet d’intervention auprès des Mineurs-res Prostitués-ées (PIAMP) a décidé de réunir chercheurs et intervenants afin de partager et mettre en commun les connaissances, les outils et les différentes pratiques développées à l’échelle du Québec.
Nous souhaitons la bienvenue à tous ceux et celles qui se sentent concernés par la question et qui désirent se mettre à jour quant aux moyens et outils utilisés et développer des stratégies d’intervention pour travailler avec ces jeunes québécois et québécoises impliqués-ées dans des activités de prostitution.
Sommaire
Horaire de la journée
| 8H45 | INSCRIPTION ET ACCUEIL |
| 9H15 | MOT D’OUVERTURE |
| 9H35 | DÉBUT DES ATELIERS BLOC 1 – ATELIERS DU MATIN |
| 10H55 | BLOC 2 – ATELIERS DU MATIN |
| 12H00 | DÎNER |
| 13H00 | BLOC 3 – ATELIERS DE L’APRÈS-MIDI |
| 14H10 | BLOC 4 – ATELIERS DE L’APRÈS-MIDI |
| 15H15 | BILAN ET PERSPECTIVES |
Horaire du matin
Horaire de l’après-midi
Les Ateliers
Ateliers du matin
TABLE RÉGIONALE EN PROSTITUTION JUVÉNILE DE QUÉBEC
NATHALIE THÉRIAULT, GENEVIÈVE QUINTY, SYLVIE GIRARD
La prostitution juvénile constitue une problématique complexe qui interpelle divers milieux et acteurs. Sous la direction du Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, une Table régionale de concertation sur la prostitution juvénile a été créée à l’hiver 2007 pour aider ces jeunes à s’en sortir grâce à de meilleures interventions. Les membres de cette Table proviennent d’établissements aussi variés que le Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, le Service de police de la Ville de Québec, les commissions scolaires, les centres de santé et des services sociaux, le milieu communautaire, le Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR) de l’Université Laval et l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale. Cette démarche de partenariat, qui vise principalement à aider les intervenants à prendre conscience des réalités et des enjeux reliés au monde de la prostitution juvénile, a donné naissance au Guide de prévention et d’intervention en prostitution juvénile. La clientèle visée par ce guide est constituée d’intervenants désirant comprendre ce phénomène et orienter leur intervention de façon structurée et concertée afin de mieux aider les jeunes concernés et leur famille. Le guide est accompagné d’une formation et permet d’aborder le savoir, le savoir-être et le savoir-faire en matière d’intervention préventive et curative auprès des jeunes (garçons et filles) victimes de la prostitution juvénile ou d’exploitation sexuelle.
MIEUX CONNAÎTRE ET AGIR
CENTRE DE LA JEUNESSE ET DE LA FAMILLE BATSHAW
LYNN DION
Dans le cadre de cet atelier, nous aborderons certains concepts pour bien saisir ce phénomène sans préjugés ni fausses conceptions. Nous offrirons dans un premier temps de l’information de base sur l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales, sa définition, ses concepts-clés et ses conséquences, ce qui amènera les participants à mieux comprendre ce phénomène ainsi que ses conséquences chez les enfants qui en sont victimes. En un deuxième temps, nous présenterons des stratégies préventives visant le développement des compétences des jeunes en lien avec différents aspects de la sexualité et des relations amoureuses. De plus, nous parlerons d’une philosophie d’intervention adoptée par les Centres de la Jeunesse et de la Famille Batshaw qui est basée sur le Cercle du courage (Circle of Courage). Cette philosophie d’intervention a été développée aux États-Unis par Larry Brendtro, Martin Brokenleg et Steven Van Bockern. Et pour conclure cet atelier, il y aura un temps d’échange entre les participants afin d’identifier des pistes d’intervention et de réflexion.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
JEAN-FRANÇOIS TRUCHON, HÉLÈNE MANSEAU
Dans le cadre d’un mémoire de maîtrise en sexologie, une étude a été menée visant à mieux comprendre la prostitution actuelle des jeunes garçons en situation de rue dans le Centre-Sud de Montréal. Elle a permis de constater que la prostitution dans la rue existe encore, même si elle se fait moins visible. À partir des témoignages, nous avons dégagé : des ambiguïtés face à l’orientation sexuelle et de l’homophobie, des difficultés ressenties dans le vécu des garçons et dans la vie sexuelle dans la rue, un milieu plus difficile que dans le passé (culte du sexe et de la jeunesse), des garçons qui se coupent de leurs émotions, des stratégies de survie, une cooccurrence de la consommation de drogues et de la prostitution, il y a moins de prostitution qu’avant dans la rue, mais c’est de l’argent vite fait, le rapport des garçons avec la prostitution est teinté d’ambivalences, les souteneurs : plutôt rares chez les garçons, mais sources d’exploitation des jeunes.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JAQUES MOÏSE
La prostitution peut être chez l’adolescent un défi lancé à son entourage, un prétexte pour actualiser ses fantasmes. Elle peut être aussi une forme de débrouillardise qui lui permet de gagner de l’argent pour ses loisirs ou simplement pour survivre. Les facteurs de risques qui peuvent conduire un adolescent à la prostitution sont de nature sociale, psychologique et culturelle. Jacques Moïse emploie le terme prostitution pour désigner la prostitution de rue, les services d’escortes, les services de massage sexuel, la danse érotique, les services sexuels en ligne et tous les services qui impliquent des activités sexuelles dans le but de gagner de l’argent ou des biens matériels. Cet atelier permettra de passer en revue les causes de la prostitution des adolescents, les conséquences de ce comportement et les interventions et outils mis de l’avant par le PIAMP pour interagir avec ces jeunes.
UNIVERSITÉ LAVAL
MICHEL DORAIS
Michel Dorais travaille sur la question de la prostitution juvénile depuis plus de trente ans. Ce fut d’abord comme intervenant social, puis comme consultant en prévention, enfin comme chercheur. À partir de ces expertises, il nous fera part de l’évolution de la prostitution juvénile, tant en ce qui concerne les adolescents que les adolescentes. Il nous entretiendra notamment des liens existant entre diverses problématiques, tels que les séquelles d’agressions sexuelles vécues durant l’enfance, la fugue, les représentations de la sexualité chez les jeunes, les dépendances, le rapport au risque, la recherche de soi ou d’appartenance, la survie, etc. Il s’intéressera aussi aux divers parcours de vie qui font en sorte que des jeunes se retrouvent dans la prostitution. Enfin, il traitera des facteurs de résilience et des interventions probantes qui peuvent aider des jeunes à s’en sortir, plus forts qu’auparavant.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JONATHAN ROY, THOMAS DÈQUE, ALFRED SAINT-JEAN
La sollicitation, dans l’acte de prostitution, est un processus qui consiste à offrir des services sexuels à des clients contre de l’argent et ou des biens matériels. Le fait de se placer à certains endroits précis, de se vêtir d’une façon particulière et de débiter certaines expressions aux clients potentiels constituent les moyens connus de sollicitation. Ces moyens de proposer ces services évoluent surtout afin de se mettre à l’abri de la répression policière. Depuis plusieurs années, la sollicitation de rue diminue dans la prostitution juvénile. Les nouvelles technologies reliées à l’Internet sont les nouveaux supports pour la sollicitation. Ces nouvelles façons d’aborder le commerce sexuel vont de pair avec l’évolution de l’importance des rapports sociaux réels et des interactions virtuelles qui permettent de diminuer considérablement le risque de la confrontation négative avec autrui. Ces nouveaux supports renforcent l’individualisme des plus jeunes (et des moins jeunes), constituent des échappatoires et parfois des freins à l’évolution psychologique des certains adolescents, d’où la nécessité d’offrir une forme d’intervention. Les amours, les rencontres et la sexualité virtuelles sont en train de définir une nouvelle normalité. En ce sens Facebook constitue une référence. L’avantage de ces réseaux «sociaux » réside dans leur capacité de dépasser les limites géographiques et temporelles, ce qui est avantageux pour les jeunes et les clients.
UNIVERSITÉ LAVAL
FRANCINE LAVOIE
À partir d’une enquête auprès de 815 jeunes fréquentant le Secondaire IV et V dans quatre écoles publiques de Québec, Francine Lavoie fera état des pourcentages, somme toute assez faibles, de jeunes de ces écoles engagés dans la vente ou l’achat de service sexuels et des contextes impliqués. Il sera discuté des liens de ces pratiques d’achat et de vente avec des situations de vie tels un vécu d’événements stressants, une histoire de violence sexuelle ou encore des attitudes d’approbation de la prostitution. Notons que l’usage fréquent de pornographie sur Internet ne distingue pas les acheteurs ni les vendeurs de service sexuels des autres jeunes. On apprend aussi que davantage de filles vendent leurs services alors que davantage de garçons s’en procurent. La plupart des échanges se font avec des jeunes du même âge. D’autres enquêtes étant en préparation, une discussion sera menée avec l’auditoire dans le but de cerner des pratiques ou questions à intégrer dans nos questionnaires (ex. Internet). Le questionnaire mesurant les attitudes par rapport à la prostitution qui a été réalisé au Québec sera également illustré.
Ateliers de l’après-midi
LE REFUGE LA PIAULE DU CENTRE DU QUÉBEC
CAROLINE GUÉRARD, MARIE-PIER PRONOVOST
Le Refuge La Piaule a reçu du ministère de la Sécurité publique une subvention d’une durée de trois ans afin d’agir en amont du phénomène. Nous avons comme objectifs d’informer et de sensibiliser les jeunes filles, de former et d’habiliter les acteurs concernés ainsi que de les soutenir et de les mobiliser. La situation géographique de la ville de Drummondville en fait un lieu propice aux affaires de tous genres. Les statistiques démontrent la présence de facteurs de risque en lien avec la prostitution juvénile. Un grand sentiment d’impuissance est partagé chez les intervenants alors que persistent mythes et préjugés. L’intervention en prostitution juvénile en région est très difficile puisque le phénomène y est beaucoup plus caché que dans les métropoles. Nous avons réalisé l’animation d’ateliers (Le Silence de Cendrillon, L’Univers de Lolita) et la présentation de la pièce de théâtre de la troupe « Parminou » : Le Prince Serpent. Il y a eu des groupes de discussion basés sur le dispositif de Mendel ainsi qu’une journée de réflexion.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES, INSTITUT PHILIPPE-PINEL
NICOLAS PLANTE, MARC DAIGLE
Les adolescentes hébergées en centre jeunesse sont réputées comme étant des cibles faciles pour le recrutement de la prostitution par les gangs. Par exemple, 25 % des adolescentes reconnaîtraient avoir déjà reçu de l’argent ou de la drogue en échange de faveurs sexuelles. Ainsi, certains programmes de prévention de la prostitution ciblent les adolescentes hébergées en Centre Jeunesse comme étant à risque de se diriger vers la prostitution. Or, peu de données sont disponibles sur les différences entre les adolescentes qui se prostituent et les adolescentes qui ne se prostituent pas. La présente recherche propose donc une comparaison entre ces deux groupes. Pour ce faire, 200 adolescentes hébergées par le Centre Jeunesse de la Montérégie ont été sélectionnées. Nous avons comparé une diversité de mesures psychométriques concernant la toxicomanie, la délinquance, les relations familiales et les attitudes envers la prostitution. Les adolescentes qui se prostituent présentent des différences sur certaines variables, particulièrement en ce qui concerne les comportements acceptables dans le cadre d’une relation amoureuse et des pratiques sexuelles. Les résultats seront discutés en termes de prévention.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES, INSTITUT PHILIPPE-PINEL
MARIE-ANDRÉE PROVENCHER
Dans le cadre d’un projet de mémoire, 16 jeunes filles en situation de rue âgées de 18 à 25 ans ont été interrogées. Parmi ces dernières, neuf ont rapporté s’être déjà engagées dans des transactions sexuelles, référant à l’échange de faveurs sexuelles contre de l’argent, un toit, de la drogue ou de la nourriture, dont certaines avant l’âge de 18 ans. L’analyse des témoignages a permis de dégager leurs représentations de ces pratiques, leurs conditions et motivations à s’y engager ou non, leurs trajectoires de sortie en plus des impacts sur leur vie intime et sexuelle. En plus de consolider les connaissances, cette étude souligne la spécificité des jeunes filles en situation de rue. Les résultats suggèrent l’importance des représentations et des interactions avec des personnes significatives à la fois dans leur trajectoire d’entrée et de sortie de ces pratiques en plus de faire ressortir le besoin des jeunes filles de rompre avec leurs conditions d’entrée pour en sortir. À partir d’une perspective interactionniste, l’atelier proposé vise à offrir une compréhension ancrée des trajectoires d’entrée et de sortie des jeunes filles en plus susciter la réflexion et la discussion sur les pistes d’intervention soulevées.
CENTRE JEUNESSE DE LA MONTÉRÉGIE
PASCALE PHILIBERT, CAROLE DEMERS
Le Projet Mobilis est un partenariat entre le Centre Jeunesse de la Montérégie et le Service de Police de l’Agglomération de Longueuil. Il se veut une lutte à l’exploitation sexuelle des filles par les gangs. Lors de l’atelier, nous vous parlerons du contexte de mise en place du projet et surtout de l’accompagnement des filles à travers : leurs difficultés personnelles, les premiers contacts avec les gangs, les débuts de leur exploitation sexuelle, leur cheminement, leur participation aux activités des gangs, les difficultés vécues dans les gangs, leur recherche de pouvoir, les arrestations policières, les déclarations spontanées aux policiers, les plaintes et comparutions à la Cour. Nous discuterons ensuite de la place du judiciaire à travers l’expérience de ces filles. Nous vous partagerons nos expériences. Nous présenterons un état de situation de la présence et de l’impact des gangs de rue sur notre territoire (chiffres et faits rapportés) , des expériences des filles suivies par nos services et des meilleures pratiques.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-RES PROSTITUÉS-ÉES
JONATHAN ROY, THOMAS DÈQUE, ALFRED SAINT-JEAN
La sollicitation est un processus par lequel une personne offre ses services sexuels contre de l’argent et/ou des biens matériels. Les lieux et les moyens traditionnels de sollicitation se transforment de plus en plus avec l’utilisation croissante des nouvelles technologies électroniques comme l’Internet. Jusqu’à quel point ces supports technologiques ont une influence sur les pratiques de prostitution chez les jeunes filles et sur le processus de recrutement de ces dernières ? Quelles sont les conséquences de ces nouvelles pratiques sur certains milieux de prostitution comme les bars de danse érotique, les services d’escortes ? Quelles sont les conséquences sociales, économiques et psychologiques pour ces jeunes filles? À partir de ces constats, quels sont les avenues d’intervention qui s’offrent aux intervenants qui travaillent dans le milieu de la prostitution juvénile? Bien que cela représente une partie limitée de leur intervention auprès des jeunes impliquées dans la prostitution juvénile, cette incursion des intervenants du PIAMP dans le domaine de l’Internet est récente et est en continuelle progression.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL, CENTRES JEUNESSE DE MONTRÉAL – INSTITUT UNIVERSITAIRE
MARTIN PELLETIER, LISE DUROCHER, ÉVELYNE FLEURY
Si la prostitution en contexte de gangs est, à notre connaissance, exclusivement féminine, les jeunes hommes affiliés aux gangs jouent un rôle important. Trop souvent les interventions leur étant destinées se limitent à la répression. L’apparente absence de frontière intime et la violence de leurs conduites heurtent les intervenants et masquent la globalité de leur vécu sexuel et amoureux. Or, l’exploitation sexuelle s’inscrit dans un contexte plus large de rapport de genre et de sexualité. À partir d’une vignette clinique et des récits de jeunes hommes affiliés aux activités de gangs rencontrés dans le cadre d’une étude qualitative, cet atelier jette un regard nouveau sur l’exploitation sexuelle en contexte de gangs. Cette vision plus complète permettra d’identifier de précieux leviers pour l’intervention dédiée aux jeunes garçons, mais également aux jeunes filles associés aux gangs ou à risque de l’être.
Cet atelier a pour objectifs de mieux connaître la sexualité et l’exploitation sexuelle en contexte de gangs; d’échanger sur l’accompagnement et l’identification de repères en lien avec la sexualité, les rapports de genre et l’exploitation sexuelle ; d’identifier des pistes d’intervention pour accompagner les jeunes, filles et garçons, associés aux gangs qui adoptent des comportements sexuels dérangeants ou problématiques.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JACQUES MOÏSE
Il est difficile d’intervenir avec des jeunes filles recrutées par des gangs de rue sans connaître la nature et la structure de ces organisations. Il faut aussi saisir la nature de la relation recruteurs – jeunes filles qui va au-delà de l’action de recrutement. Une fois ces concepts compris, il est plus facile de structurer des actions et des interventions dans le but d’aider les jeunes filles, d’une part, et aussi travailler en amont avec des jeunes réputés recruteurs d’autre part. Il apparaît simpliste d’utiliser la formule suivante : « Pas de recruteurs, pas de recrutées » mais elle est à la base d’une compréhension qui met en scène les différents acteurs principaux de la prostitution : jeunes filles recrutées et recruteurs. Cette opposition semble plus favorable à une forme de résilience tellement nécessaire à ceux qui ont vécu l’exploitation et l’aliénation que l’opposition bourreau – victime qui fige l’humain dans une forme de statut permanent. La victimisation est un poids difficile à porter, comme une fatalité tandis qu’une blessure a le potentiel de guérison, pour paraphraser Boris Cyrulnik. Cet atelier permettra de discuter des questions suivantes : pourquoi certaines jeunes filles recrutées s’en sortent plus facilement que d’autres ? Y-a-il des facteurs de risques plus aggravants que d’autres dans le recrutement des jeunes filles dans la prostitution juvénile ? Quelles sont les conséquences à long terme de la violence psychologique et physique subie par une jeune fille lors de ses activités de prostitution à travers les gangs ? Qui sont les recruteurs et emploient-ils tous les mêmes techniques de recrutement ?
LA MAISON DE JEUNES KEKPART
TANYA BRUNELLE, MARIE-PIER CLAING
Sans P ni E est un outil de prévention et d’éducation pour aider les adolescentes en difficulté à ne pas succomber, entre autres, aux manipulations des proxénètes. Des ateliers offerts dans les classes de Secondaire II à V permettent de rejoindre les jeunes filles au moyen de vidéos et de témoignages. De plus, il ne faut pas négliger l’impact des réseaux sociaux sur nos jeunes. C’est donc en rejoignant les jeunes dans leur univers que notre approche remplit son mandat. Ce projet nous amène à faire de la prévention, de la sensibilisation, du travail de milieu et de l’intervention en milieu scolaire. Un atelier en lien avec la prostitution juvénile nous permet d ’aborder le recrutement par les gangs de rues et les conséquences qui s’y rattachent.
Les Conférenciers
Conférenciers du matin
TABLE RÉGIONALE EN PROSTITUTION JUVÉNILE DE QUÉBEC
NATHALIE THÉRIAULT
Sergent-détective aux Enquêtes spécialisées en agressions sexuelles et abus physiques du Service de police de la Ville de Québec
Depuis 2005, Nathalie Thériault représente le Service de police de la Ville de Québec sur le projet mis en place afin de développer une entente de partenariat et d’intervention en prostitution juvénile. Elle a participé au développement de la formation et du Guide de prévention et d’intervention en prostitution juvénile. Elle fait partie de l’équipe des formateurs et est membre de la Table régionale sur la prostitution de Québec.
GENEVIÈVE QUINTY
Coordonnatrice à la ressource communautaire Projet d’Intervention Prostitution Québec (PIPQ)
Geneviève Quinty a participé aux travaux d’élaboration du Guide de prévention et d’intervention en prostitution juvénile. Elle fait partie de l’équipe des formateurs et elle est membre de la Table régionale sur la prostitution juvénile. Elle coordonne un groupe pivot d’intervenants communautaires.
SYLVIE GIRARD
Intervenante sociale, spécialiste en activités cliniques au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire
Intervenante sociale en centre jeunesse depuis 20 ans, Sylvie Girard a principalement travaillé au suivi des familles et à l’évaluation et à l’orientation des signalements à la Direction de la protection de la jeunesse. Depuis un an et demi, elle agit à titre de spécialiste en activités cliniques. Elle a démontré un intérêt marqué pour le phénomène de la prostitution juvénile depuis 10 ans. Personne pivot (de référence) pour le Centre jeunesse de Québec depuis trois ans, elle est membre de l’équipe de formation sur le Guide de prévention et d’intervention en prostitution juvénile.
CENTRES DE LA JEUNESSE ET DE LA FAMILLE BATSHAW
LYNN DION
Intervenante sociale en prévention des ITS-VIH et sexualité des jeunes aux Centres de la Jeunesse et de la Famille Batshaw
Lynn Dion est diplômée en service social de l’Université Laval. Elle travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la protection de la jeunesse dont 14 ans aux Centres de la Jeunesse et de la Famille Batshaw. Elle fait partie du comité de travail sur la sexualité des jeunes aux Centres Batshaw depuis 2003. Elle participe au développement de programmes d’intervention en lien avec la sexualité des jeunes et offre un soutien clinique et de la formation aux intervenants et intervenantes.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
JEAN-FRANÇOIS TRUCHON
M.Sc., Intervenant psychosocial chez La Maison du Père
À venir.
HÉLÈNE MANSEAU
Directrice du Département de sexologie, chercheure sur les jeunes en difficulté depuis plusieurs années
Hélène Manseau enseigne au Département de sexologie à l’Université du Québec à Montréal depuis 1980. Elle a fait ses études de premier cycle en sexologie, puis une maîtrise et finalement un doctorat (Ph.D.) en criminologie à l’Université de Montréal en 1986. Elle a rédigé plusieurs articles et mené des recherches qualitatives sur l’amélioration des services d’aide. Elle s’est préoccupée de la réinsertion sociale des jeunes ayant séjourné en institution.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JACQUES MOÏSE
B.Sc., DESS , Coordonnateur du PIAMP
Psychothérapeute professionnel membre de la Société québécoise des psychothérapeutes professionnels-les, intervenant jeunesse et coordonnateur du PIAMP, Jacques Moïse a prononcé de nombreuse conférences sur le thème de la prostitution juvénile, sur la toxicomanie et sur les conduites sexuelles des adolescents. Auteur du livre Adolescence, initiation et prostitution (Éditions du MISTRAL, 2002) , il a publié plusieurs articles dans différentes revues spécialisées.
UNIVERSITÉ LAVAL
MICHEL DORAIS
Ph.D., Professeur titulaire, Université Laval
Professeur titulaire à l’École de service social de l’Université Laval, Michel Dorais a publié de nombreux ouvrages, traduits en plusieurs langues. Sur la prostitution juvénile plus précisément, il a écrit Les Enfants de la prostitution (VLB, 1987), Travailleurs du sexe (VLB 2003) et Jeunes filles sous influence – Prostitution juvénile et gangs de rue (VLB, 2006).
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JONATHAN ROY
Intervenant, travailleur de milieu
Jonathan Roy intervient dans les milieux de prostitution juvénile. Sur la toile, il maintient le contact avec plusieurs jeunes rencontrés sur le terrain et il y établit de nouveaux liens via les réseaux sociaux ou sur les sites de rencontre et de chat (de clavardage).
THOMAS DÈQUE
Technique de travail social, licence professionnelle en intervention et accompagnement social, intervenant, travailleur de milieu
Thomas Dèque possède une expérience d’intervention auprès de jeunes en difficultés. Son intérêt pour la prostitution juvénile remonte aux débuts de sa pratique et l’a naturellement portée vers le PIAMP à son arrivée au Québec. À l’instar de ses collègues, il maintient une présence sur la toile où il établit des rapports de confiance avec des jeunes filles rencontrées en ligne ou dans les bars et autres lieux associés au travail du sexe.
ALFRED SAINT-JEAN
Étudiant en intervention psychosociale, intervenant et travailleur de milieu
Curieux et inventif, poussé par un intérêt sans bornes, Alfred Saint-Jean explore sans cesse de nouveaux territoires. Assurant une présence dans les endroits traditionnels, les « nouvelles frontières » de la prostitution sont pour lui un terrain de prédilection et il y explore les recoins de la toile pour y faire des rencontres.
UNIVERSITÉ LAVAL
FRANCINE LAVOIE
Ph.D. Psy., Professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université Laval
Titulaire du premier doctorat décerné par l’Université du Québec et pionnière de la psychologie communautaire au Québec, madame Lavoie se joint au personnel enseignant de l’École de psychologie en 1979. En 1992-1994, elle est récipiendaire d’une prestigieuse bourse d’excellence du Conseil québécois de recherche en santé (CQRS) et, en 1996, elle est nommée Fellow de l’American Psychological Association et de la Society for Community Research and Action. Elle est la conceptrice des programmes de prévention VIRAJ (sur la violence au sein des relations amoureuses des jeunes) et PASSAJ (sur la violence interpersonnelle chez les jeunes). Elle collabore à des recherches subventionnées par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) ainsi que par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), sur la violence dans les fréquentations à l’adolescence et l’agression sexuelle. D’autres de ses travaux portent sur les opinions des jeunes en ce qui a trait aux activités sociales sexualisées et au sexting. Elle s’intéresse également à l’évaluation des programmes innovateurs en prévention. Elle est membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS) et de l’Équipe violence sexuelle et santé du Département de sexologie de l’UQAM (ÉVISSA).
Conférenciers de l’après-midi
LE REFUGE LA PIAULE DU CENTRE DU QUÉBEC
CAROLINE GUÉRARD
Directrice générale du Refuge la Piaule du Centre-du-Québec
MARIE-PIER PRONOVOST
Responsable du projet de prévention du recrutement des jeunes filles aux fins d’exploitation sexuelle dans un contexte de gang de rue
Fondé en 1984, Le Refuge La Piaule du Centre-du-Québec est un organisme communautaire sans but lucratif voué depuis plus de 25 ans aux jeunes de 14-30 ans. La Piaule a développé au cours des années une solide expertise d’interventions auprès des jeunes Drummondvillois et des environs vivant des réalités difficiles et en rupture avec les réseaux d’appuis traditionnels. Par le biais du travail de rue, du travail de milieu, du programme Cirque du Monde, de l’école La Rue’L et de la salle de spectacles Gaston-Mandeville, La Piaule est au cœur de la rue !
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES, INSTITUT PHILIPPE-PINEL
NICOLAS PLANTE
Ms. Psy, Ph.D.
Professeur à l’Université Bishop et assistant de recherche à l’Institut Philippe-Pinel. Ses intérêts de recherche concernent la réhabilitation des adolescents délinquants.
STÉPHANE GIRARD
Stéphane Girard est conseiller « promotion-prévention » à la Coordination du développement des programmes de la Direction des services professionnels du Centre Jeunesse de la Montérégie.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
MARIE-ANDRÉE PROVENCHER
B.A. Sexologie
Finissante à la maîtrise en sexologie et intervenante auprès de jeunes femmes en difficultés à la maison Passages, Marie-Andrée Provencher intervient principalement auprès de jeunes femmes en difficultés et collabore à un projet de recherche sur les conditions de vie amoureuses et sexuelles des jeunes en situation de rue. Ses principaux intérêts de recherche et d’intervention sont les jeunes en difficultés, la prostitution de survie, l’amour et la sexualité des jeunes en situation de rue.
CENTRE JEUNESSE DE LA MONTÉRÉGIE
PASCALE PHILIBERT
Agente de planification, programmation et recherche pour le projet Mobilis du Centre jeunesse de la Montérégie
Pascale Philibert est détentrice d’un baccalauréat en service social de l’Université de Montréal. Elle est à l’emploi du Centre Jeunesse de la Montérégie depuis 16 ans. Elle y a travaillé comme intervenante auprès de la clientèle adolescente sous la Loi de la protection de la jeunesse (LPJ) et la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA). Depuis trois ans, elle est conseillère pour le projet Mobilis où elle occupe des fonctions d’enseignement, de support et d’accompagnement auprès d’intervenants et chefs de service confrontés à la problématique des gangs criminalisés. Elle agit à titre de leader dans le développement de l’expertise face à la problématique des gangs et la délinquance juvénile. Elle est aussi conférencière sur ces problématiques en France et au Brésil. Au niveau communautaire, elle siège sur le conseil d’administration d’Action Nouvelle Vie depuis 14 ans, organisme venant en aide aux personnes défavorisées (support alimentaire et vestimentaire).
CAROLE DEMERS
Agente de planification, programmation et recherche pour le projet Mobilis du Centre jeunesse de la Montérégie
Carole Demers est détentrice d’un baccalauréat en service social de l’Université de Sherbrooke. Elle est à l’emploi du Centre Jeunesse de la Montérégie depuis 19 ans. Elle y a travaillé comme intervenante dans différents services auprès de la clientèle adolescente sous la Loi de la protection de la jeunesse (LPJ). Depuis 2010, elle est conseillère pour le projet Mobilis. Son travail consiste à superviser, accompagner et former les intervenants qui œuvrent auprès de la clientèle à risque d’affiliation aux gangs de rue. En plus de participer à plusieurs tables de concertation avec le milieu communautaire, elle a participé à la formation de nouveaux employés et stagiaires au sein de son organisme.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-RES PROSTITUÉS-ÉES
JONATHAN ROY
Intervenant, travailleur de milieu
Jonathan Roy intervient dans les milieux de prostitution juvénile. Sur la toile, il maintient le contact avec plusieurs jeunes rencontrés sur le terrain et il y établit de nouveaux liens via les réseaux sociaux ou sur les sites de rencontre et de chat (de clavardage).
THOMAS DÈQUE
Technique de travail social, licence professionnelle en intervention et accompagnement social, intervenant, travailleur de milieu
Thomas Dèque possède une expérience d’intervention auprès de jeunes en difficultés. Son intérêt pour la prostitution juvénile remonte aux débuts de sa pratique et l’a naturellement portée vers le PIAMP à son arrivée au Québec. À l’instar de ses collègues, il maintient une présence sur la toile où il établit des rapports de confiance avec des jeunes filles rencontrées en ligne ou dans les bars et autres lieux associés au travail du sexe.
ALFRED SAINT-JEAN
Étudiant en intervention psychosociale, intervenant et travailleur de milieu
Curieux et inventif, poussé par un intérêt sans bornes, Alfred Saint-Jean explore sans cesse de nouveaux territoires. Assurant une présence dans les endroits traditionnels, les « nouvelles frontières » de la prostitution sont pour lui un terrain de prédilection et il y explore les recoins de la toile pour y faire des rencontres.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL, CENTRES JEUNESSE DE MONTRÉAL – INSTITUT UNIVERSITAIRE
MARTIN PELLETIER
Éducateur
Éducateur au Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire depuis 1993, Martin Pelletier est responsable du regroupement « sexo » pour l’ensemble des unités d’hébergement de l’établissement. Responsable du comité Gang, sexo et toxico de la Direction des services de réadaptation à l’enfance et aux adolescentes (DSREA), il est aussi répondant du programme toxico sur le site Dominique-Savio-Mainbourg.
LISE DUROCHER
Sexologue et agente de planification, de programmation et de recherche
Sexologue et conseillère-cadre en gestion des programmes «sexo», «toxico» et «gang» au Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire , madame Durocher détient entre autres un diplôme de deuxième cycle en toxicomanie. Elle a plus de 27 ans d’expérience clinique en relation d’aide auprès des jeunes en difficulté et est auteure de différents programmes d’activités et outils pratiques dans le domaine de la sexologie et de la toxicomanie chez les jeunes.
ÉVELYNE FLEURY
Sexologue et agente de planification, de programmation et de recherche
Évelyne Fleury est sexologue et co-auteure du programme d’intervention Guide d’animation et d’accompagnement de la bande dessinée Le silence de Cendrillon – prostitution juvénile en contexte de gangs. Elle détient une maitrise en sexologie et a réalisée une étude exploratoire sur l’expérience de jeunes hommes associés aux gangs quant aux rapports de genre et à la sexualité.
PROJET D’INTERVENTION AUPRÈS DES MINEURS-ES PROSTITUÉS-ES (PIAMP)
JACQUES MOÏSE
B.Sc., DESS , Coordonnateur du PIAMP
Psychothérapeute professionnel membre de la Société québécoise des psychothérapeutes professionnels-les, intervenant jeunesse et coordonnateur du PIAMP, Jacques Moïse a prononcé de nombreuse conférences sur le thème de la prostitution juvénile, sur la toxicomanie et sur les conduites sexuelles des adolescents. Auteur du livre Adolescence, initiation et prostitution (Éditions du MISTRAL, 2002) , il a publié plusieurs articles dans différentes revues spécialisées.
LA MAISON DE JEUNES KEKPART
TANYA BRUNELLE
Intervenante psychosociale
En plus des connaissances théoriques et pratiques acquises au cours de son cheminement académique, madame Brunelle possède 10 années d’expérience à titre d’intervenante jeunesse en milieu communautaire. Elle en est à sa deuxième année d’intervention au sein du Projet Sans P ni E.
MARIE-PIER CLAING
Éducatrice spécialisée
Forte des connaissances théoriques et pratiques acquises au cours de son cheminement académique, madame Claing compte deux ans d’expérience à titre d’éducatrice à l’enfance avec des enfants ayant des besoins particuliers. Elle souhaite maintenant continuer à travailler avec une clientèle adolescente.
