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Les jeunes prostitués de Tripoli

Découvert sur L’Actualité.com, un photo-reportage sur la prostitution des garçons et des jeunes hommes à Tripoli.

tripoli-09Sur fond de pauvreté et de disparité sociale, la prostitution des mineurs s’exerce au grand jour. Le conservatisme social ambiant relègue les jeunes dans la marginalité tout en niant la réalité de la prostitutiton des mineurs. Officiellement, la prostitution n’existe pas. Tant que cela reste discret, pourtant, les policiers tolèrent. Exposés aux aux railleries et aux menaces, les jeunes se regroupent pour assurer leur sécurité.

Là-bas comme ici, les revenus sont hors de proportion avec ceux du citoyen ordinaire. D’autant plus que le chomâge touche près de 40% de la population adulte dans certains quartier, et probablement davantage chez les jeunes. Dans ces conditions, comment résister aux offres des clients qui sont prêts à payer 1 500$ la nuit en échange de leurs charmes ? Difficile de quitter aussi, puisqu’ailleurs les perspectives sont bouchées.  Et puis il y a  la drogue, qui là aussi fait ses ravages chez des jeunes qui commencent tout juste leur vie.

Autre lieux, autres mœurs… dans certains quartiers nombre d’adolescents explorent leur sexualité avec les copains; le conservatisme religieux ne leur permettant pas de côtoyer les filles. Autres mœurs vraiment ? en tout cas, mêmes activités, même manège, même usage des technologies modernes: les rencontres se font sur internet, comme partout sur la planète maintenant.

Les jeunes prostitués de Tripoli, L’Actualité.com (2010).

Technologie et sollicitation

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Clavardage sur le netUn texte de Jacques Moïse, B. sc. DESS¹
Consultant (Centre de Consultation Saint-Laurent)
Coordonnateur du PIAMP (Projet d’intervention auprès des mineurs-es prostitué-es)
Auteur et Conférencier

Dans le domaine de la prostitution juvénile, la sollicitation de rue, sans être révolue, ne constitue plus le moyen privilégié par les jeunes pour rencontrer des clients potentiels. La rue demeure le terrain de ceux qui doivent faire face à des besoins immédiats et pressants, voire urgents, comme se nourrir, manger, trouver une place pour dormir et consommer certaines substances en réponse à une toxicomanie, surtout celle induite par la cocaïne et l’héroïne. Ces jeunes sont aussi ceux qui en sont à leurs premières expériences de rue comme les fugueurs du toit familial ou d’une institution publique. Ce sont aussi ceux qui, pour la plupart, fréquentent les centres de jour et autres ressources communautaires. Souvent, ces derniers n’ont, en dehors de ce circuit, aucun ancrage social ou relationnel. Ce ne sont pas les seules avancées technologiques dans le domaine des communications qui sont responsables de la perte d’intérêt des jeunes pour la rue et les lieux publics comme endroit de sollicitation. La peur de se faire arrêter par la police, l’obligation de circuler et le profilage dans certains centres commerciaux sont aussi à la base de la désertion des lieux publics par les jeunes. Pour solliciter des clients, les plus vieux peuvent toujours se rabattre sur les ‘’peeps show’’, les saunas pour hommes et autres lieux similaires. Les jeunes mineurs ne peuvent pas sans risques fréquenter ces lieux sans s’identifier et prouver qu’ils ont 18 ans ou plus.

La prostitution juvénile, de plus en plus, s’occulte et se « réseaute ». Certains échanges sexuels contre des biens, aussi minimes soient-ils, ne sont pas considérés par les jeunes eux-mêmes comme des conduites de prostitution. Chez eux, ces activités se banalisent. Pour certains, surtout les garçons, le « pimp » est une vedette et a davantage un statut de « bad boy » que celui de tortionnaire ou d’exploiteur de jeunes filles.

L’avènement des supports technologiques de plus en plus sophistiqués comme les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables miniatures, les iPhones et autres gadgets appréciés par les adolescents a changé la notion et le sens même de la communication entre êtres humains. Le « feedback » qu’on attend du corps de celui ou de celle avec qui on communique, son expression non verbale observable semblent de moins en moins requis comme compléments de la présence physique dans l’interaction entre deux ou plusieurs personnes chez les adolescents. Le virtuel a pris beaucoup de place. Les jeunes sont devenus dépendants de ces outils et ils les utilisent pour solliciter dans un réflexe naturel. Les réseaux sur Internet qui facilitent le contact entre les personnes sont devenus, à leur insu ou non, le principal terrain de la sollicitation. Pour certains adolescents, c’est en échangeant avec un adulte sur un « chat » qu’ils découvrent certains avantages liés à leur jeunesse et à leur apparence physique. Sur ces sites, les interdits de ne pas solliciter pour des fins de prostitution ne sont que des phrases pieuses. La réalité est tout autre puisqu’il est facile de contourner ces règles. Il devient de plus en plus facile pour un jeune de trimbaler dans un sauna son portable ou autres « bébelles » du même genre pour chatter confortablement dans sa chambrette et, de là, inviter qui il veut à le rejoindre. La prostitution juvénile est à l’heure du web et des paiements par cartes de crédit. Elle est à l’heure du « webcam » et des rapports virtuels. Le visuel a pris beaucoup de place. Il devient un support à l’imagination et à l’imaginaire. Il est moins menaçant qu’une vraie présence humaine. D’une touche de clavier, on peut effacer l’autre, mettre fin à la relation sans en subir des reproches et des conséquences. Le virtuel est un repère pour tous ceux qui ne peuvent pas communiquer face à face, il est un répit pour ceux qui ne s’estiment pas et qui ont de la difficulté à exhiber leur corps. De ce fait la population des clients s’agrandit et celle des nouveaux impliqués dans la prostitution juvénile aussi. Au fond, c’est là le terrain de la banalisation, c’est à travers le web qu’elle s’actualise, qu’elle s’articule dans ce jeu entre la réalité et une conception du virtuel.

Dans un tel contexte, comment est t-il possible d’intervenir? Cela devient certes plus difficile surtout si on tient mordicus à travailler avec des mineurs d’une part et d’autre part à rejoindre une population de jeunes plus aisés et moins en demande de services de base comme la nourriture, le logis. Ces jeunes ne viennent pas de familles dysfonctionnelles et ils répondent bien aux attentes stéréotypées des notions de réussite sociale. Cela nous oblige à réviser ou pour le moins à se rappeler l’essence même de l’acte d’intervention sociale. Elle devrait avoir pour but et pour finalité le bien être physique et psychologique de celui ou de celle avec qui on intervient. Qui s’occupe de ceux qui n’ont pas besoin de services de base et ou de besoin matériel et qui sont impliqués dans la prostitution juvénile pour toutes sortes de raisons? De ce fait, les seuls services matériels, bien qu’importants, ne suffisent pas à apaiser les souffrances et les blessures de nature psychologique et développementale. Ces jeunes aisés de l’Internet ont aussi besoin de savoir qu’ils peuvent être écoutés, conseillés, référés et au bout du compte rencontrés physiquement s’ils le désirent Les intervenants modernes doivent chercher et trouver des moyens pour rester en contact avec ceux-là, quitte à faire eux-mêmes l’expérience du virtuel. Il faut prendre le risque de faire partie de ce cercle d’échanges en espérant que quelqu’un s’intéresse à ce que nous proposons, qui somme toute est franchement différent de ce qui est offert généralement dans ce monde peuplé d’ordinateurs … et d’humains.

Jacques Moïse
1 mars 2010

Avenue Zéro

Scène du film Avenue Zéro

Scène du film Avenue Zéro

Avenue Zéro, documentaire de Hélène Choquette, Canada (2009). À l’affiche du Cinéma ONF jusqu’au 31 janvier.

RÉSUMÉ

Un portrait troublant du phénomène de la traite de personnes au Canada, la troisième forme de trafic internationalement reconnue après ceux des armes et de la drogue. Dans ce documentaire, victimes et témoins de premier plan nous conduisent aux confins de ce sinistre commerce.

Crtitique: Sur cyberpresse.ca – Avenue zéro: au coin de la rue, l’esclavage.