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Comment savoir si un·e adolescent·e est victime de trafic humain?

Le trafic humain

Tout d’abord, un mot sur le trafic humain. En effet, il existe plusieurs définitions de « trafic humain » ou de « traite des personnes ». Certaines de ces définitions sont tellement larges qu’elles englobent toutes les personnes qui font du travail du sexe ou toutes les personnes qui font du travail du sexe de manière non-indépendante. Certaines statistiques sur le trafic humain comptent aussi tous les enfants signalés disparus, même si ces enfants étaient finalement, par exemple, simplement allés chez un·e ami·e sans avertir leurs parents. C’est pour cette raison qu’on rencontre souvent des chiffres extrêmement alarmants sur le trafic humain. 

Ces chiffres élevés qui mélangent plusieurs réalités peuvent nous faire croire que, par exemple, les femmes migrantes qui font du travail du sexe sont toutes victimes de trafic humain. C’est une conception assez commune qui a des conséquences graves pour ces travailleuses du sexe : se faire traiter comme des victimes, vivre de la surveillance et de la brutalité policière, voire des déportations. Il est vrai que ces personnes ont souvent des dettes et peu d’options quant à leur choix d’emploi, ces problèmes sont liés à des raisons structurelles : les lois de l’immigration, le racisme et les disparités de richesse au niveau mondial. 

La panique morale ambiante à propos de la traite des personnes nous porte malheureusement à ignorer les violences psychologiques, physiques, économiques et sexuelles qui s’installent de manière sournoise dans des relations interpersonnelles. Les situations de séquestration et d’exploitation existent, mais la plupart des violences sont faites aux mains de personnes connues des victimes, dans une dynamique d’escalade de la violence. 

C’est cette escalade de la violence, le plus souvent, qui mène à des situations de violence extrême. C’est pourquoi il est plus utile de tenter de reconnaître les signes de violence que de tenter d’éviter que les adolescent·es soient enlevé·es par des inconnu·es et forcé·es à vendre des services sexuels. 

Comment reconnaître la violence

Tout cela étant dit, comment peut-on savoir si un·e adolscent·e est victime de violence? Certains signes peuvent apparaître dans des changements de comportement, par exemple : 

  • Est de plus en plus isolé·e des ses proches; 
  • Fait des fugues répétées; 
  • Est très secret·e par rapport à ses fréquentations; 
  • Montre des signes de troubles alimentaires; 
  • Mentionne avoir des dettes, ou a constamment besoin d’argent; 
  • Montre des signes d’hypervigilance; 
  • Doit informer une personne de tous ses déplacements et activités, est constamment sous surveillance. 

Tous ces signes ne nous informent pas sur la source de la violence! Elle pourrait être faite de la part des parents, d’un·e partenaire, d’autres élèves qui fréquentent son école, parfois même d’intervenant·es ou d’enseignant·es. Certains de ces comportements sont aussi le résultat de violences systémiques. Le plus important est de construire un lien de confiance avec l’adolescent·e qui lui permettra de se confier à propos de cette violence. Il faut aussi outiller les adolescent·es à reconnaître les violences et à y réagir pour savoir s’en protéger. 

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