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Si on parle d’échanges de services sexuels aux jeunes, est-ce qu’on risque de les encourager à se prostituer?

Commençons cette réponse par une question : si on ne parle pas des échanges de services sexuels aux jeunes, est-ce qu’il y a tout de même des possibilités pour qu’ils sachent que le travail du sexe existe? 

Il nous apparaît évident que oui! Que ce soit par la télévision, le cinéma, les livres, une connaissance ou encore les réseaux sociaux, les adolescent·es seront tôt ou tard en contact avec la réalité du travail du sexe.

Prenons une autre question similaire : Est-ce qu’en parlant aux jeunes de la sexualité, nous les encourageons à avoir des rapports sexuels? Est-ce qu’en leur parlant de l’alcool, nous les encourageons à en consommer? Probablement pas! Nos conversations avec les adolescent·es peuvent plutôt servir à transmettre de l’information importante telle que l’éducation en lien avec le consentement, la réduction des risques ou encore les dynamiques de pouvoir dans les relations interpersonnelles. 

Tout comme pour la pornographie ou le sexting, nous croyons qu’il est important que les jeunes aient une vision réaliste du travail du sexe, qu’ils ne risquent pas vraiment d’acquérir si leur seule source d’informations est, par exemple, le cinéma. Ainsi, évacuer les questions en lien avec la vente de services sexuels dans l’éducation à la sexualité comporte beaucoup de risques : les jeunes ne sauront pas vers qui se tourner s’ils ont des préoccupations en lien avec ce sujet, seront laissés à elleux-mêmes pour prendre des décisions sans avoir les outils pour le faire et n’auront aucune idée de comment se protéger de relations abusives.

De plus, il est important que les jeunes comprennent les raisons pour lesquelles il est beaucoup plus risqué pour des adolescent·es que pour des adultes de vendre des services sexuels, et puissent reconnaître les dynamiques problématiques en lien avec l’âge du consentement

L’éducation à la sexualité ne vise pas à les encourager à « se prostituer », mais plutôt à savoir comment mettre leurs limites, à connaître les ressources disponibles, à avoir les outils pour exercer un consentement éclairé dans leur vie sexuelle et à pouvoir soutenir leurs ami·es qui seraient dans des situations difficiles. 

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